Gabrielle Gendron

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Dans ma pratique, mon regard est interpellé par les rapports entre l’Homme et l’Animal. J’ai grandi entourée de chevaux, de chiens, de chats, de moutons, de chèvres, de dindons et d’hirondelles des granges. Mon père, trappeur, chasseur et pêcheur, animait mon enfance de contacts avec des peaux et des carcasses animales. Ces présences faisaient partie de mon quotidien et étaient une opportunité de m’approcher d’un univers sauvage et fascinant. Vies et morts, enfants et animaux devenaient pour moi normalité, simplicité du jeu, vision du monde. De nos jours, de telles associations créent de multiples interprétations selon les référents et le parcours de chacun, suscitant parfois le mystère, parfois l’étrangeté.
Par la cohabitation du dessin et de la peinture, je propose des rencontres avec l’enfance et son univers. Mes tableaux sont inspirés de photographies anciennes, souvent issues de mes albums familiaux. C’est un regard qui m’appelle, la position des corps, la présence d’enfants ou la tristesse de la scène qui motive mon choix d’une image. C’est alors ce portrait que je m’approprie et que je décontextualise de son univers photographique en l’isolant sur le support. Je porte peu ou pas d’attention aux éléments architecturaux et contextuels qui étaient initialement dans la photographie. Ensuite, j’attribue au personnage un animal ou un élément qui habite l’espace avec lui, mais qui ne répond pas forcément aux mêmes contraintes de proportions et de gravité ce qui évoque l’ambiguïté. L’association Homme-Animal est finalement réinterprétée par la peinture dans un espace actuel souvent abstrait ou vaporeux.
Dans certains cas, l’utilisation de papiers anciens tels que des patrons textiles et de la feuille d’or appuie cette rencontre entre le passé et le présent. Ces sauts à travers le temps évoquent l’idée du parcours, de l’évolution, de l’intergénérationnel. Le caractère naïf et insouciant de l’enfance est un état de fragilité qui forme un terreau à la construction de l’identité. L’enfant, par cette altérabilité est-il, tout comme l’animal, une proie facile devant la dureté du monde ? Par mes portraits d’enfants ni beaux, ni laids, ni heureux, ni malheureux, je veux interroger nos rapports actuels face à l’enfant et à l’animal. Avons-nous oublié que l’enfance est synonyme de spontanéité, de vérité, de précarité et d’opportunisme et, qu’en ce sens, elle nous ramène à notre nature animale ?

Oeuvres et réalisations

Métensomatose
Les Sauvages
La Prière des Oiseaux
La Gare

Bourses et prix

Année : 2014
Nature/Nom : Bourse aux Artistes Professionnels des Arts VisuelsVolet : Projet de recherche, de création et d'exploration, CALQ
Décernée par : Conseil des Arts et Lettres du Québec